Devant des survivants, des responsables politiques, des diplomates, des représentants d’associations mémorielles ainsi que de nombreux invités, le chef de l’État français a présenté ce monument comme « un aboutissement » du long travail de reconnaissance entrepris ces dernières années autour du génocide contre les Tutsi.
Selon lui, l’édification de ce mémorial à Paris inscrit désormais le génocide contre les Tutsi « au cœur de la capitale française et de son histoire », soulignant que cette réalisation est le fruit d’un travail patient fondé sur les témoignages des survivants, les recherches historiques, les publications académiques et l’engagement constant des associations de mémoire.
Le Président français a en outre rappelé son discours prononcé en mai 2021 au Mémorial de Gisozi à Kigali, lorsqu’il avait reconnu les responsabilités de la France dans les événements ayant conduit au génocide contre les Tutsi.
« Je n’entends rien retrancher de ces mots », a-t-il déclaré, réaffirmant son engagement à poursuivre l’œuvre de vérité entreprise entre les deux pays, tout en soulignant le rapprochement sans précédent entre Paris et Kigali, facilité par cette démarche de reconnaissance historique.
Exprimant sa gratitude envers son homologue rwandais pour avoir accueilli avec dignité et courage les déclarations françaises de 2021, il a estimé que la présence du Président Paul Kagame à cette cérémonie donnait à l’événement « un sens profond et une portée historique », notant les avancées enregistrées ces dernières années entre les deux pays depuis.
Hommage aux survivants et aux artisans de la mémoire
Une large partie du discours a été consacrée aux survivants du génocide contre les Tutsi, dont les témoignages continuent d’éclairer le travail de mémoire.
Emmanuel Macron a rendu hommage aux survivants et aux familles des victimes du génocide contre les Tutsi, saluant le rôle déterminant d’associations telles qu’Ibuka France dans la réalisation de ce mémorial, qu’il a présenté comme un lieu de mémoire destiné à transmettre la vérité aux générations futures.
Par ailleurs, le Président français a insisté sur l’importance du travail scientifique dans la construction d’une mémoire juste et partagée, saluant les travaux de la Commission présidée par l’historien Vincent Duclert, dont les recherches sur les archives françaises relatives au Rwanda ont contribué à éclairer les responsabilités et les choix politiques de l’époque.
Le chef de l’État a également mis en avant les avancées réalisées par la justice française dans la poursuite des personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide.
Rappelant les procès déjà tenus en France et les enquêtes toujours en cours, il a assuré que la lutte contre l’impunité demeurait une priorité.
« Aucun crime contre l’humanité ne peut bénéficier de la prescription ou de l’impunité », a-t-il affirmé.
Une mise en garde contre les discours de haine
Au-delà de la mémoire du passé, Emmanuel Macron a présenté le mémorial comme un avertissement adressé aux générations actuelles, dénonçant la montée des discours racistes, des logiques identitaires et des propagandes de haine, notamment sur les réseaux sociaux.
Établissant un parallèle avec le rôle joué par la Radio-Télévision Libre des Mille Collines durant le génocide contre les Tutsi, il a averti que les nouvelles technologies peuvent aujourd’hui servir à diffuser des messages similaires.
« Derrière nos écrans, il y a d’autres radios Mille Collines », a-t-il déclaré, appelant à une vigilance constante face à toutes les formes de déshumanisation et de haine.
Évoquant la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, Emmanuel Macron a estimé que le souvenir de cette tragédie impose une responsabilité particulière en faveur de la paix, du dialogue et du respect de la souveraineté des États, affirmant que la mémoire du génocide devait servir d’avertissement contre toute résurgence des logiques de violence et de guerre.
En conclusion, Emmanuel Macron a présenté le mémorial parisien comme un symbole durable de reconnaissance, de transmission et d’espérance.
Insistant sur le fait que le travail de mémoire n’est jamais achevé, il a appelé les générations présentes et futures à préserver la vérité historique, à défendre la justice et à combattre toute forme de haine.
Reprenant la devise rwandaise « Twibuke, Twiyubaka » (« Souvenons-nous, reconstruisons-nous »), le Président français a assuré que la France demeurerait engagée aux côtés du Rwanda dans la transmission de la mémoire du génocide contre les Tutsi et dans la lutte contre le négationnisme.
Situé sur l’esplanade Habib-Bourguiba, en plein cœur de Paris, 'Les Archives' se compose de deux grandes structures rectangulaires destinées à honorer les victimes et à offrir un lieu de contemplation et de recueillement.
La cérémonie a notamment réuni les chefs d’État des deux pays, des membres des gouvernements, la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, des officiels, ainsi que des rescapés du génocide contre les Tutsi.






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